Sur le rivage invisible

21 décembre 2010

 

Plage des Aresquiers, septembre 2010

Plage des Aresquiers #2, septembre 2010

Qui d’entre nous sait seulement ce qu’il pense, ou ce qu’il désire ? Qui sait ce qu’il est pour lui-même ? Combien de choses nous sont suggérées par la musique, et nous séduisent par cela même qu’elles ne peuvent exister ! La nuit évoque en nous le souvenir de tant de choses que nous pleurons, sans qu’elles aient jamais été ! Telle une voix s’élevant de cette paix de tout son long étendue, l’enroulement des vagues explose et refroidit, et l’on perçoit une salivation audible, là-bas sur le rivage invisible.

Fernando Pessoa, “Le livre de l’intranquillité”

Cevena, 1994

17 décembre 2010

Il y a tout juste un an, le 17 décembre, j’ouvrais ce blog avec une photo à laquelle je suis particulièrement attaché. Entre temps, paraissait un nouveau recueil de Philippe Gardy, Dins un cèu talhant de blau, dans lequel figurait un poème inspiré par cette image, et dédié à Marie-Jeanne Verny. L’anniversaire du blog était l’occasion de restituer l’ensemble.

Cévennes, 1994

Cevena, 1994

Fau montar quasi sus lo pus naut dau serre
per saber s’aqueu rai de clartat
a ras de cèu bas
es ben l’auba
que poja
a pas de lop entredormit
entre lei clapàs
ò se seriá pas
per avança
calabrun finissent
entre leis erbas sornas

l’agach s’es fach viu e pacient
fins qu’a temps que pòsca destriar
escondut dins lo gris aigós de l’aire
lo primier gran de clartat
la primiera vida
estrecha

e que de l’espera silenciosa
en finala
siá sortit
coma miracle
lo riu naissent dau jorn
fina telaranha
que l’arbre
solitari
vèn tot bèu just d’agantar au filat encara escur
de sei brancas immobilas

lo 24 de febrier de 2008, sus una fotografia de Georges Souche

Philippe Gardy, extrait de Dins un cèu talhant de blau, ed. Letras d’òc

Il faut monter au plus haut de la colline / pour savoir si ce rayon de clarté / tout contre le bas du ciel / c’est bien l’aube qui s’élève / à pas de loup endormi / entre les pierres / ou si ce ne serait pas / déjà / la fin du crépuscule / entre les herbes sombres

le regard est devenu vif et patient / jusqu’au moment où il pourra distinguer / dissimulé dans le gris humide de l’air / le premier grain de lumière / la première vie / étroite

quand de l’attente silencieuse / enfin / sourdra / miraculeux / le ruisseau naissant du jour / mince toile d’araignée / que l’arbre / solitaire / vient tout juste d’attraper au filet encore obscur / de ses branches immobiles

Ciel !

11 décembre 2010

 

Arbre solitaire, Provence

Arbre solitaire. Plateau de Valensole, Provence, 1999

Un ami me faisait remarquer l’autre jour que depuis le début de ce blog, il n’avait quasiment jamais vu de photos avec un beau et grand ciel bleu, symbole pourtant hautement attractif de notre région.
Aussi je tiens à rassurer les visiteurs du nord qui renonceraient, déprimés, à partir en vacances chez nous à cause de cela. Le ciel est souvent bleu ici, je vous le confirme. Ne vous fiez surtout pas à ce photographe si blasé par le bleu uniforme du ciel qu’il a cessé de montrer des photos qui l’illustrent.

PS : pour éviter toute fausse interprétation de la photo ci-dessus, le ciel bleu du Languedoc n’a évidemment rien à envier à celui de la Provence, je le précise bien pour ne pas m’attirer les foudres des comités de tourisme.

Bleu à lame

3 décembre 2010

 

Lac du Salagou, décembre 2010

Lac du Salagou, décembre 2010

Dernières flammes

29 novembre 2010

 

Vallée de la Lergue, novembre 2010

Rives de la Lergue, novembre 2010

L’ariana

25 novembre 2010

Extrait du disque Rasims de luna


Lac du Salagou

Lac du Salagou, 1995

Quand le chant nous déserta, / quand la mer s’en est allée, / évaporée à l’horizon / des voiles évanouies, / lorsque se tait la parole / aux frontières du désert, / la perdue est la pauvre âme.

Ariane abandonnée, / amoureuse oubliée, / qui, l’œil sur l’horizon / reste là sans espoir / et qui perdit jusqu’au verbe / de la parole du vent.

Comme la pierre première / qui depuis l’aube du monde / sans espoir et sans attente / dédaignant l’ombre passagère / jamais ne compte le temps.

Poème de Max Rouquette, extrait du Maucòr de l’unicòrn
Musique : Laurent Audemard. Voix : Marie-Anne Mazeau. Publié chez Buda Musique

Rasims de luna est un voyage musical dans l’univers poétique de Max Rouquette, interprété par 5 musiciens, 4 chanteurs et un récitant, avec la voix enregistrée de Max Rouquette sur 3 titres. Le disque vient de paraître. Il est présenté dans un coffret incluant un livret de 64 pages, que j’ai eu le plaisir de mettre en page. Les proses et poèmes occitans y sont accompagnés de leurs traductions en français et en anglais ainsi que de photographies. La photo ci-dessus est celle qui accompagne le poème dans le livret.
Pour plus d’infos sur ce projet et commander le coffret en ligne :
http://www.max-rouquette.org/rasims_de_luna/presentation.htm.
Ce n’est qu’à partir de la mi-janvier que le coffret sera disponible chez tous les disquaires, FNAC etc…

NB pour les Héraultais : le coffret est également en vente à Montpellier chez Sauramps, à Béziers à la Librairie du Théâtre, à Lodève à la librairie “Un point un trait”.

Silenci de l’auton

7 novembre 2010

 

Vallée de l'Hérault

Vallée de l'Hérault, novembre 2010

Silenci de l’auton quand lo vent s’es pausat,
doç coma una pluma de palomba
escapada de la negra man del caçaire.

Silence de l’automne quand le vent s’est posé,
doux comme une plume de palombe
échappée de la noire main du chasseur.

Louisa Paulin, Direm a la nòstra nena

Vignoble de Faugères

4 novembre 2010

 

La Liquière, Faugères

La Liquière. Vignoble de Faugères, novembre 2010


La Liquière, Faugères

La Liquière. Vignoble de Faugères, mai 2000

Voir d’autres photos du vignoble du Languedoc

“Vignoble de lumière” en Allemagne

14 octobre 2010

 

vigne en automne

Péret, Hérault, octobre 2007

Mon exposition Vignoble de lumière –un regard sur les paysages viticoles du Languedoc, sera présentée du 19 novembre au 17 décembre à l’Institut français de Mayence, en Allemagne. Présentée pour la première fois en 2006 à Vinisud Montpellier (Salon international des vins méditerranéens), elle sera en partie remaniée pour l’occasion, afin de présenter certaines images plus récentes, comme celle ci-dessus.
Certaines des photographies qui composeront cette exposition sont visibles ici : Vignoble du Languedoc.

Sòmi dau matin

11 septembre 2010

 

Matin d'été, La Vacquerie

La Vacquerie, août 2010

Lo mèrle que vai d’una mata
a l’autra mata e que seguís
los vièlhs camins, e que s’acata
en lo bois e los romanins,
sol poiriá dire amb la palomba
e la mostèla e lo singlar
tota la patz d’aquela comba.

Le merle qui va d’un buisson
à l’autre, et qui suit
les vieux chemins, et se cache
dans le buis et les romarins,
seul pourrait dire, et la palombe
et la belette et le sanglier,
toute la paix de cette combe.

Max Rouquette, Comba de la trelha. Extrait de Sòmis dau matin, 1937