
Asphodèles, avril 2010
Un ajout dans la série Lo mond de l’èrba (1) de Tèrra de lutz (un oubli en fait)

Asphodèles, avril 2010
Un ajout dans la série Lo mond de l’èrba (1) de Tèrra de lutz (un oubli en fait)

Les Roseaux de Midas #XI, 2011)
Kronos quartet plays the music of Thelonious Monk : Crepuscule with Nellie

Forêt de l'Aigoual, juillet 2011
Lei mots son de calavencs. Sei païsatges de l’endessùs escondon d’autrei païsatges, qu’es sempre perilhòs de i voler anar veire. (…)
La paraula, a flor e mesura que bastís, que se bastís, fai pas levar que de semblanças de camins. Sus la sabla efemèra de l’ora dicha, leis escrituras pausan de dessenhs que de lei seguir se devinha totjorn, a un moment ò a un autre, la preséncia escura e menaçosa de l’autre mond, d’aqueu mond de dessota lo mond “verai” que la cadena dei mots es benlèu pas aquí que per ne comolar lei vueges que nos fan tan bèla paur, cada còp que cresèm de se n’anulhar.
Les mots sont des abîmes. Leurs paysages visibles dissimulent d’autres paysages qu’il est toujours dangereux de vouloir connaître.(…)
La parole, au fur et à mesure qu’elle se constitue, ne fait surgir que des apparences de chemin. Sur le sable éphémère de l’heure saisie au vol, les écritures déposent des traces sous lesquelles on n’en finit pas de deviner, tôt ou tard, pour peu qu’on s’attache à en suivre le décours, la présence obscure et menaçante de l’autre monde, de ce monde qui subsiste sous le monde “vrai”, et dont la chaîne sans fin des mots n’a peut-être pas d’autre raison d’être que d’en combler les gouffres qui nous font si peur, chaque fois que nous avons l’impression de nous en éloigner.
Philippe Gardy, extrait de “Lo remembre testard d’un blau”, in “Vint ans d’escritura occitana“, ed. Jorn

Cheveux d'ange #3. Larzac, juin 2011
La sérénité dans le désordre est un signe de perfection. [Proverbe chinois]

Escargot à l'aïl, mai 2011

L'ombra dins l'èrba #4, mai 2010
Ont es lo cèu
ont es la terra
ont es que passa
se ven que passa
lo fiu d’aranha
que dessepara invesible
lo clar de l’escur
l’ombra de la lutz
ges de paret ges de camin
tant de viatges que menan pas
qu’a son ponch de naissença
tant d’escorregudas vanas
e lo soleu que dins la mar se nega
e lo silenci qu’engolís a plaser tota vida
quand n’es son voler
ont es lo cèu
ont es la terra
lei camps dau temps son pas
qu’ermàs e deserts blaus
ni nuech ni jorn i trevan pas
ren mai s’i vei que leis ombras
d’una vida que lusissiá
dins lo virar dei sasons
e que ara ne’n finís pas
de se cercar dins la brusor coirada
qu’a remplaçat cèl e terra
Où est le ciel / où est la terre / où passe-t-il / s’il vient à passer / le fil de l’araignée / qui sépare invisible / l’ombre de la lumière
Pas de mur pas de chemin / tant de voyages qui ne mènent / qu’à leur point de départ / tant de courses vaines / et le soleil qui se noie dans la mer / et le silence qui engloutit à plaisir toute vie / si tel est son vouloir
Où est le ciel / où est la terre / les champs du temps ne sont / que friches et déserts bleus / ni nuit ni jour n’y passent / On n’y voit rien que les ombres / d’une vie qui brillait / dans la ronde des saisons / et qui maintenant n’en finit plus / de se chercher dans le grondement cuivré / qui a remplacé ciel et terre
Philippe Gardy (inédit, trad. GS)
Le rêve d’Icarus

Selva imaginària #1, mai 2011

Iris nain. Le Puech, mars 2011

Gesse chiche (Lathyrus cicera). Lacoste, mars 2011

Forêt de l'Escandorgue, sept.2010
Je suis enceinte du soleil. Je suis enceinte de la nuit.
Lorsque je dors sous mes forêts comme une femme dans ma chevelure, que je dors sous mes blés, que je dors sous mes prés –mais sans dormir et même une heure dans le balbutiement des blés et le ruissellement des sèves –
Je suis enceinte du soleil, j’accouche la lumière et le rayonnement. J’invente l’aube.
J’invente l’aube que déjà au plus profond de moi commencent les fermentations de l’ombre.
Que déjà je suis enceinte de la nuit. Que j’accouche déjà de l’ombre et de la nuit.
Que j’invente la nuit depuis mes profondeurs les plus profondes. Que j’accouche la nuit par mes seins, par ma bouche.
Et par mon ventre et par mes reins. Par mes orteils et par les paumes de mes mains. Par mes épaules.
Que par toute ma peau la nuit transpire de mon corps, que le soleil nouveau déjà me travaille si fort
Que déjà le matin de l’éternelle mort me brûle les entrailles.
1e avril 1972
Marcelle Delpastre (poème écrit en français). Revue Plein Chant n°71-72 (2001)

Barlie de Robert (Himantoglossum robertianum), 24/02/11
Si je me fie à mon carré de garrigue favori, la nature a trois semaines d’avance par rapport à l’an dernier. Les Barlie de Robert, premières orchidées à fleurir talus et garrigues, ont commencé cette semaine à pointer leurs premières inflorescences (ici en N&B dans le cadre de ma série “Herbier”, mais d’autres étaient déjà en fleurs). L’an dernier, c’était seulement autour de mi-mars (ce qui était assez tardif).
Très commune et abondante sur certains terrains, cette orchidée est en progression chez moi de manière impressionnante d’une année à l’autre, elle forme des tapis de plus en plus étendus.
A noter aussi que grâce à la douceur de ces derniers jours, les premiers papillons sont sortis de leurs chrysalides. En l’espace d’une heure, j’ai ainsi pu observer trois espèces différentes de Piérides fraichement écloses, toujours dans ce même champ !