
Vigne fleurie de roquette blanche, vallée de l'Hérault, janvier 2011

Vigne fleurie de roquette blanche, vallée de l'Hérault, janvier 2011

Les Roseaux de Midas #8 (Salagou, janvier 2011)

Château de Quéribus, Aude, 1999
” Une énorme verrue calcaire qui rompt la crête des Corbières méridionales et émerge verticalement, sur trois cents mètres de haut, des contreforts montagneux couverts de garrigues : et ce piton fantastique, visible du cap Béar, à soixante kilomètres de là, dresse à huit cents mètres une étrange construction aussi haute que large, un véritable blockhaus dont les murs ont par endroits quatre mètres d’épaisseur. Mais l’intérieur a la beauté mystique d’une cathédrale.”
Michel Roquebert, “Citadelles du vertige”

Château de Quéribus, salle du donjon, 1998
Il y a tout juste un an, le 17 décembre, j’ouvrais ce blog avec une photo à laquelle je suis particulièrement attaché. Entre temps, paraissait un nouveau recueil de Philippe Gardy, Dins un cèu talhant de blau, dans lequel figurait un poème inspiré par cette image, et dédié à Marie-Jeanne Verny. L’anniversaire du blog était l’occasion de restituer l’ensemble.

Cevena, 1994
Fau montar quasi sus lo pus naut dau serre
per saber s’aqueu rai de clartat
a ras de cèu bas
es ben l’auba
que poja
a pas de lop entredormit
entre lei clapàs
ò se seriá pas
per avança
calabrun finissent
entre leis erbas sornas
l’agach s’es fach viu e pacient
fins qu’a temps que pòsca destriar
escondut dins lo gris aigós de l’aire
lo primier gran de clartat
la primiera vida
estrecha
e que de l’espera silenciosa
en finala
siá sortit
coma miracle
lo riu naissent dau jorn
fina telaranha
que l’arbre
solitari
vèn tot bèu just d’agantar au filat encara escur
de sei brancas immobilas
lo 24 de febrier de 2008, sus una fotografia de Georges Souche
Philippe Gardy, extrait de Dins un cèu talhant de blau, ed. Letras d’òc
Il faut monter au plus haut de la colline / pour savoir si ce rayon de clarté / tout contre le bas du ciel / c’est bien l’aube qui s’élève / à pas de loup endormi / entre les pierres / ou si ce ne serait pas / déjà / la fin du crépuscule / entre les herbes sombres
le regard est devenu vif et patient / jusqu’au moment où il pourra distinguer / dissimulé dans le gris humide de l’air / le premier grain de lumière / la première vie / étroite
quand de l’attente silencieuse / enfin / sourdra / miraculeux / le ruisseau naissant du jour / mince toile d’araignée / que l’arbre / solitaire / vient tout juste d’attraper au filet encore obscur / de ses branches immobiles

Arbre solitaire. Plateau de Valensole, Provence, 1999
Un ami me faisait remarquer l’autre jour que depuis le début de ce blog, il n’avait quasiment jamais vu de photos avec un beau et grand ciel bleu, symbole pourtant hautement attractif de notre région.
Aussi je tiens à rassurer les visiteurs du nord qui renonceraient, déprimés, à partir en vacances chez nous à cause de cela. Le ciel est souvent bleu ici, je vous le confirme. Ne vous fiez surtout pas à ce photographe si blasé par le bleu uniforme du ciel qu’il a cessé de montrer des photos qui l’illustrent.
PS : pour éviter toute fausse interprétation de la photo ci-dessus, le ciel bleu du Languedoc n’a évidemment rien à envier à celui de la Provence, je le précise bien pour ne pas m’attirer les foudres des comités de tourisme.

Rives de la Lergue, décembre 2010
Paysage d’entre deux, entre ombre et lumière, entre automne et hiver.
Et entre les vignes et la rivière où enfant j’allais pêcher, un rêve d’arbres.

Lac du Salagou, décembre 2010
Extrait du disque Rasims de luna

Lac du Salagou, 1995
Quand le chant nous déserta, / quand la mer s’en est allée, / évaporée à l’horizon / des voiles évanouies, / lorsque se tait la parole / aux frontières du désert, / la perdue est la pauvre âme.
Ariane abandonnée, / amoureuse oubliée, / qui, l’œil sur l’horizon / reste là sans espoir / et qui perdit jusqu’au verbe / de la parole du vent.
Comme la pierre première / qui depuis l’aube du monde / sans espoir et sans attente / dédaignant l’ombre passagère / jamais ne compte le temps.
Poème de Max Rouquette, extrait du Maucòr de l’unicòrn
Musique : Laurent Audemard. Voix : Marie-Anne Mazeau. Publié chez Buda Musique
Rasims de luna est un voyage musical dans l’univers poétique de Max Rouquette, interprété par 5 musiciens, 4 chanteurs et un récitant, avec la voix enregistrée de Max Rouquette sur 3 titres. Le disque vient de paraître. Il est présenté dans un coffret incluant un livret de 64 pages, que j’ai eu le plaisir de mettre en page. Les proses et poèmes occitans y sont accompagnés de leurs traductions en français et en anglais ainsi que de photographies. La photo ci-dessus est celle qui accompagne le poème dans le livret.
Pour plus d’infos sur ce projet et commander le coffret en ligne :
http://www.max-rouquette.org/rasims_de_luna/presentation.htm.
Ce n’est qu’à partir de la mi-janvier que le coffret sera disponible chez tous les disquaires, FNAC etc…
NB pour les Héraultais : le coffret est également en vente à Montpellier chez Sauramps, à Béziers à la Librairie du Théâtre, à Lodève à la librairie “Un point un trait”.

Forêt du Bienwald, Palatinat rhénan, Allemagne. Nov 2010
Pour moi, Millau c’est déjà le Nord, alors l’Allemagne (où j’étais la semaine dernière pour mon exposition sur le vignoble) et l’Alsace (où j’ai fait un petit détour)… c’est carrément le Grand Nord ! Non pas en raison du froid, mais pour la lumière si différente, les immenses forêts, l’atmosphère… Séjour bien trop court, photographiquement, et en ce sens un peu frustrant. J’y reviendrai !
Le titre est emprunté à une série radiophonique du pianiste canadien Glenn Gould (The idea of North).

Vallée de l'Hérault, novembre 2010
Silenci de l’auton quand lo vent s’es pausat,
doç coma una pluma de palomba
escapada de la negra man del caçaire.
Silence de l’automne quand le vent s’est posé,
doux comme une plume de palombe
échappée de la noire main du chasseur.
Louisa Paulin, Direm a la nòstra nena