Archive pour le mot-clef ‘Max Rouquette’

Cahiers Max Rouquette, n°4

Jeudi 27 mai 2010

 

couvcahiers2010Édité par l’association Amistats Max Rouquette, le n°4 de la revue consacrée à l’écrivain vient tout juste de paraître : 88 pages avec notamment un dossier sur Max Rouquette et la musique, un texte inédit de l’écrivain, des articles de Jean-Frédéric Brun, Philippe Gardy, Yves Rouquette, Josiane Ubaud, Françoise Wyatt… des photographies en N&B ainsi que deux longs entretiens avec les musiciens Laurent Audemard et Gérard Zuchetto.

Voir le sommaire complet sur le site Max Rouquette, où l’on peut commander la revue (15 €).

Ce numéro ainsi que les deux précédents seront disponibles à la Comédie du livre de Montpellier, sur le stand des éditions Jorn (espace des éditeurs en région), qui ont édité entre autres le magnifique recueil D’aicí mil ans de lutz.
C’est aussi sur le stand de Jorn, où je serai présent en pointillé, que l’on pourra trouver les ouvrages des éditions Cardabelle, notamment les deux (Lac du Salagou, Larzac) que j’ai publié avec Max Rouquette.

Au fond de notre nuit

Mercredi 21 avril 2010

 

Graminées

Graminées, juin 2009

” Rien ne peut altérer le tourbillon, lent ou rapide, de la musique, dans notre sensibilité. Rien que la musique, seule avec elle-même, dans la plénitude de ses charmes. Touchant à des parts de nous-mêmes que nous ignorions, et qui s’étonnent d’être ainsi évoquées et tirées des cavernes obscures où elles sommeillaient. Où elles auraient pu dormir toute une vie, la nôtre, sans que nous sachions jamais ce qui peut se cacher au fond de notre nuit.
Le plus clair, le plus profond, le plus riche, le plus étrange de tout l’or qu’en lui cache chacun de nous. Sans le savoir. Dans l’innocence du misérable qui, étendu sur des tas de chiffons, ne saura jamais qu’il vient de passer sa dernière nuit sur un sac d’or. Alors qu’il est mort de faim et de froid. “

Max Rouquette, Ils sont les bergers des étoiles

 

Une manière d’annoncer que le mois prochain paraîtra le n°4 des Cahiers Max Rouquette avec un dossier central sur “Max Rouquette et la musique“. Et qu’à l’automne le disque Rasims de luna (réalisé à partir du concert exceptionnel donné à l’Opéra Comédie de Montpellier en juin 2008 à l’occasion du centenaire de l’écrivain), devrait être enfin disponible.

Tant m’an laguiat…

Samedi 20 mars 2010
Rochers de Mourèze

Cirque de Mourèze, mars 2010

Tant m’an laguiat las paraulas de vent
lo parladís de gralhas sul teulat
dau mond ambé son bruch de ferramenta
qu’a d’oras ai envaja de pas dire
mas paraulas qu’a las combas desèrtas
als arnavèsses, a la felze, a la bruga,
a la ròca en son pes que de mil ans somiaira
sap la virtut e l’espés dau silenci.
Segur que siái qu’emai m’ausigan pas
quauqu’un darrièr fai d’eles sas aurelhas.

Tant m’ont lassé les paroles de vent,
le babil de corneilles sur le toit
du monde, avec son bruit de ferraille
que, parfois, j’ai envie de ne dire
mes paroles qu’aux combes désertes,
aux paliures, à la fougère, à la bruyère,
à la roche, en son poids, songeuse de mille ans
qui du silence sait la force et l’épaisseur.
Certain que s’ils ne m’écoutent pas,
quelqu’un fait d’eux ses oreilles.

Max Rouquette, extrait de D’aicí mil ans de lutz (éditions Jorn)

Lavogne

Mardi 23 février 2010
Lavogne sur le Larzac

Lavogne. Causse du Larzac, hiver 1998

“La lavogne est un point d’eau, parfois mare, parfois résurgence. Elle est destinée aux troupeaux qui courent s’y abreuver. Pour éviter détériorations du sol et herbes envahissantes, la lavogne est souvent pavée, dans son large pourtour incliné vers l’eau.

Création uniquement fonctionnelle, elle devient alors un étrange objet d’art. Étrange, dans la nature sauvage des plateaux hantés par le vent et les corbeaux, la lavogne éclaire soudain le jour de son œil brillant et doux de cyclope rêveur. Sur lequel s’inclinent, dans la solitude, les fronts des brebis et la grâce impatiente des oiseaux.”

Max Rouquette
Texte et photo extraits du livre Larzac (éd. Cardabelle)

Bonne année 2010

Vendredi 1 janvier 2010

Bona annada e meilhors vòts per 2010.

Graminées en garrigue

Secrets de l'èrba #2. Plateau de Germane, mai 2009

Il n’y a qu’un seul jour :

le jour d’aujourd’hui

qui depuis mille ans dure

et boit déjà les mille ans qui viennent,

dans le bref éclair du bonheur.

I a pas qu’un sol jorn :

lo jorn de uòi.

que despuòi mil ans s’esperlonga

e bèu adejà los mil ans que venon,

dins lo brèu ulhauç dau bonur.

Max Rouquette, extrait de Brèus moments de bonur (Revue Europe, juin 2008)