Lépidoptèrimania

 

Boloria euphrosyne

Boloria euphrosyne (Gd collier argenté). Col du vent, mai 2010

Si j’avais une seconde vie, la concurrence serait rude mais une option serait de la consacrer aux lépidoptères. Tout y est fascinant, mais pour se limiter à l’aspect visuel, la symétrie, le sens du plus infime détail nécessaire à l’identification, les variations à l’infini des motifs des ailes selon les espèces comme autant de tableaux abstraits différents au recto et au verso, la façon dont ceux-ci se transforment selon la lumière et son orientation, tout cela est un bonheur. Sans parler de leur connivence avec les plantes, et des contrastes et harmonies qui en découlent.

Il y a aussi l’effet collection qui joue un rôle indéniable, et qui peut entraîner facilement une certaine addiction. D’autant que j’ai des antécédents de “collectionnite” et que la photographie remplace heureusement aujourd’hui les épingles et les boîtes de mon enfance.

Je ne peux m’empêcher de penser à la passion dévorante de Nabokov pour ces petites bêtes : il fut un éminent spécialiste d’une sous-famille des Lycénidés et sa passion a failli l’emporter sur la littérature. Un bon article à ce sujet ici.

Tout cela pour dire que vous n’avez pas fini de voir de temps à autre des parpalhons (papillons en occitan) sur ce blog !

 

5 commentaires sur “Lépidoptèrimania”

  1. Ray dit :

    Cette image est d’une sensualité torride !

  2. Hélène O. dit :

    Le mot de Ray me fait sourire car chaque fois que j’observe ces insectes et encore davantage lorsque c’est une photo je vois dans ce petit corps une fée ou une elfe ??? : petit visage rond chapeauté, deux grands yeux étonnés, long bras fin élégant, etc etc etc. Bref j’en souris car là la petite fée nous ne la voyons pas, Ray la deviné….. peut-être que Georges glissera dans les prochains jours une photo où elle se dévoile ????
    A toi Georges je ne sais que te dire merci pour ces instants suspendus par la beauté.

  3. el duende dit :

    C’est un instant de grâce magistralement saisi. La fleur a l’air de s’ouvrir sous la caresse du papillon dans ce camaïeu de jaunes, où les cils du pédoncule semblent vibrionner à l’unisson… Les ailes d’une grande délicatesse sont, à elles seules, une oeuvre d’art.
    Comment peut-on avoir le courage d’épingler, à l’apogée de leur beauté, ces créatures miraculeuses ?
    Quant à votre texte, j’ai cherché dès les premières lignes le nom de l’auteur… Décidément l’émotion esthétique vous donne des ailes :))

  4. Georges dit :

    Non Hélène, ne compte par sur moi pour dévoiler une fée ! l’intérêt c’est justement de se l’imaginer.
    Pour ce qui est des épingles et de la collection, j’avais l’alibi de l’âge, c’est vrai qu’on est cruel quand on est un gamin, je serais totalement incapable de faire ça aujourd’hui. C’est parfois justifié par de réels buts scientifiques, mais la majorité des collectionneurs d’insectes ne le sont en général que pour le simple plaisir de la collection. C’est d’autant plus injustifiable de nos jours où les progrès technologiques permettent aux collectionneurs invétérés de se faire une collection photographique, bien plus gratifiante.

  5. el duende dit :

    Loin de moi l’idée de vous culpabiliser… J’ai étouffé des cigales dans des boites d’allumettes et arraché les pattes des gros crickets de vigne :))
    C’est une question que je me posais à propos des adultes qui collectionnnent ! Vouloir posséder la beauté au point de la fossiliser, de vouloir figer le temps, alors que la beauté est liée à la vie…

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