
Vallée de la Lergue, mars 2010

Vallée de la Lergue, mars 2010

Orchidée Barlie de Robert. Mas Audran, mars 2010
À l’exemple de la musique, le silence est fait pour les différentes heures de la vie.
Le matin, il est rougeoyant des braises de la nuit, son éclat est sombre et déjà, en son coeur, il est cendre froide.
Le silence du soir est tremblant d’attente. Il accompagne les vengeances et les séductions.
Quelquefois, pourtant, sa fièvre n’est que celle de l’observateur. On dit alors qu’il est inaperçu.
C’est la nuit que le silence déploie ses tentures les plus lourdes, ses longs velours d’orient, plis et replis, fastes et néfastes. Au fond, c’est la noce du silence et des ténèbres qui est l’ultime cérémonie.
Michel Thion, Traité du Silence (éditions Voix d’encre)

Jeune euphorbe, mars 2010

Fleur de lamier amplexicaule. Lacoste, mars 2010

Château de Puilaurens, Aude, 1997
“De cette histoire et de ces héros fous, il ne reste plus qu’une chanson de geste, dont les mots sont de pierre, dont la musique est faite de lumière, de pierre et de vent. Et puis, dressés tout en haut des socles que la nature a façonnés de ses doigts de géants pour ceux-là qui n’étaient que des hommes, les sarcophages du souvenir.”
Michel Roquebert, Citadelles du vertige

Carnaval de Limoux. Aude, mars 2010
Dimanche dernier à Limoux, c’était la sortie de toutes les bandes de fécos.
Voir d’autres photos ici : Fêtes et carnavals en Languedoc.

Hêtre, Plateau de l'Escandorgue, décembre 1994
Aubre de paraulas, aubre de vent, te ses plantat au pus chaud de mon sang, e tas raiç me curan la mecha dau òs.
Mon sang e ma vita ! Si los te chau per viure. Ma saliva, mon còrs, lo vent que passa entre mas dents : los vequí.
Mon còr, mon arma, los vòles : los as. Me vequí tot, me vequí ieu, que ne sui res. Non ne sui res. Mas tu !
Mas tu ! Seràs l’aubre de fuec, lo noveu jorn ; faràs sautar de l’ombra chada chausa ela-mesma, coma jamai zo era estada.
Arbre de paroles, arbre de vent, tu t’es planté au plus chaud de mon sang, tes racines me creusent la moelle des os.
Mon sang et ma vie ! S’il te les faut pour vivre. Ma salive, mon corps, le souffle qui passe entre mes dents : les voici.
Mon cœur, mon âme, tu les veux : tu les as. Me voici tout, me voici moi, qui ne suis rien. Non je ne suis rien. Mais toi !
Mais toi ! Tu seras l’arbre de feu, le nouveau jour ; tu feras sortir de l’ombre chaque chose elle-même, comme jamais elle ne l’avait été.
Marcela Delpastre, Saumes pagans

Cirque de Mourèze, mars 2010