
Cirque de Mourèze, mars 2010
Tant m’an laguiat las paraulas de vent
lo parladís de gralhas sul teulat
dau mond ambé son bruch de ferramenta
qu’a d’oras ai envaja de pas dire
mas paraulas qu’a las combas desèrtas
als arnavèsses, a la felze, a la bruga,
a la ròca en son pes que de mil ans somiaira
sap la virtut e l’espés dau silenci.
Segur que siái qu’emai m’ausigan pas
quauqu’un darrièr fai d’eles sas aurelhas.
Tant m’ont lassé les paroles de vent,
le babil de corneilles sur le toit
du monde, avec son bruit de ferraille
que, parfois, j’ai envie de ne dire
mes paroles qu’aux combes désertes,
aux paliures, à la fougère, à la bruyère,
à la roche, en son poids, songeuse de mille ans
qui du silence sait la force et l’épaisseur.
Certain que s’ils ne m’écoutent pas,
quelqu’un fait d’eux ses oreilles.
Max Rouquette, extrait de D’aicí mil ans de lutz (éditions Jorn)
Mots-clefs : Max Rouquette
Bel exemple d’ accord entre une image et un texte. Et je me dis en lisant des mots comme vent, toit, ferraille, épaisseur…qu’un bon photographe du sud (pourquoi pas M. Souche ?) devra un jour évoquer ce géant que fut Pierre Reverdy dont l’enfance en Cabardes, la vie à Montmartre puis à Solesmes est une mine de diamant pour un chasseur de lumière.
On m’avait prêté “Main d’oeuvre” il y a fort longtemps, mais je dois avouer honteusement que je connais bien peu Reverdy. Votre message m’incite à m’y plonger, ce que je ne vais pas tarder à faire, d’autant que vous n’êtes pas le premier à me le conseiller. Merci à vous.